Au Dela Des Pins Critique Essay

Publiée le 04/05/2013

The Place Beyond The Pines c'est un vrai film de scénariste, on sent qu'ils se sont fait plaisir mais que le film n'a pas été écrit uniquement pour le plaisir du spectateur. Je m'explique, en spoilant un peu le film mais c'est obligatoire. Le film est clairement divisé en 3 parties, traitant des relations père-fils, sujet récurrent qui ne m'enchante pas vraiment. Et comme à chaque fois les parties sont inégales. La 1ère, avec Ryan Gosling, est évidemment la meilleure, avec son charisme sans pareil, et se conclue en beauté avec une course poursuite magnifiquement réalisée. On enchaine sur la partie avec Cooper, un peu moins bonne mais néanmoins de bonne facture, et un poil plus psychologique. Et la dernière partie, elle, est clairement en retrait, d'une part parce qu'elle est cousue de fil blanc, et que les acteurs sont franchement mauvais et les personnages clichés. 4,5 pour la 1ère partie, 3,5 pour la 2ème et 2 pour la 3ème ce qui donne un bon 3,5, et le film bénéficie en plus d'une réalisation de grande qualité. Un film à ne pas manquer!

Partagez :FBfacebookTWTweetG+Google

Critique

The Place Beyond the Pines : de père en fils


Catherine Schlager

Pour son troisième long métrage, Derek Cianfrance avait deux souhaits: réaliser un triptyque et retravailler avec Ryan Gosling qu'il avait dirigé précédemment dans Blue Valentine. Inspiré par la structure dramatique de Napoléon d'Abel Gance et de Psycho d'Alfred Hitchcock, Cianfrance a coécrit un ambitieux drame en trois actes qui se déroule sur plus de 15 ans.

Derek Cianfrance l'avait prouvé avec Blue Valentine: il est un sacré directeur d'acteurs. Sous sa houlette, Ryan Gosling, héros de Drive, crève une fois de plus l'écran grâce à sa présence magnétique, presque animale. On est rivé à notre siège lorsque Luke conduit sa moto à une vitesse folle en un seul plan-séquence (chapeau!). Et il nous émeut lors de ces très belles scènes où il serre tendrement son fils dans ses bras. Une nomination aux prochains Oscars? À ses côtés, Eva Mendes prouve qu'elle peut jouer autre chose que les femmes sexy.

Malgré ses lacunes scénaristiques, The Place Beyond the Pines pose des questions fondamentales sur l'héritage qu'un parent souhaite léguer à son enfant. En ce sens, il fait oeuvre utile.

* * *
The Place Beyond the Pines (V.F.: Au-delà des pins). Drame de Derek Cianfrance. Avec Ryan Gosling, Bradley Cooper et Eva Mendes. 2h20.

Au-delà des pins: au nom du père


Éric Moreault

Au-delà des pins était attendu avec impatience. Parce qu'il y a Ryan Gosling et Bradley Cooper dans les rôles principaux, mais aussi parce que Derek Cianfrance a fait forte impression avec Blue Valentine. Son deuxième film est un triptyque épique qui, malgré ses imperfections, atteint ses ambitions de traiter de thèmes sérieux (l'amour filial, l'identité, le destin, le pardon...) avec un bel aplomb cinématographique.

Cianfrance commence son film avec un plan-séquence qui cadre Luke alors qu'il entre en scène pour son numéro de cascadeur à moto (Gosling, vu dans Blue Valentine et Crazy, Stupid, Love). Ce qui donne le ton sur les capacités du réalisateur, mais en dit beaucoup aussi sur ce bum tout en muscles et en tatouages. Dont la belle façade va s'effondrer quand il réalise qu'il a un garçon de quelques mois.

Luke veut se reprendre en main et subvenir aux besoins de son fils Jason et de son ex Romina (Eva Mendes). Mais il choisit la voie rapide des braquages de banque. Ce qui nous donne droit à de spectaculaires séquences, où Cianfrance réussit bien à traduire le rush d'adrénaline des courses-poursuites. Cette première partie qui s'apparente au film d'action prend fin lorsque la route de Luke croise celle d'Avery, un flic ambitieux (Cooper, vu dans Le bon côté des choses).

Le film change alors de registre pour explorer les ressorts du film noir. Avery, tourmenté et rongé par le remords, patauge dans un petit poste de flics corrompus à Schenectady («au-delà de la plaine de pins» en iroquois). Alors que son père juge le pousse à une carrière politique, Avery saisira une opportunité qui lui coûtera cher sur le plan personnel.

Son passé viendra le hanter dans la troisième partie, qui se déroule 15 ans plus tard, alors qu'Avery dépose sa candidature au poste de procureur général de l'État de New York. Les destins de son fils pathétique et de celui de Luke vont se percuter en une collision cathartique.

Derek Cianfrance ne manque pas d'ambition. Ni de doigté. Tout en jouant des codes de genres assez typés (film d'action, film policier, film noir), il aborde avec beaucoup de finesse la question des liens père-fils, en des points de vue différents dans chacune des trois parties. Il propose aussi une réflexion sur les sacrifices qu'implique l'ambition ainsi que ses dilemmes moraux.

Le rythme du triptyque, qui souffre de longueurs, ne se déroule pas sans heurts, bien que le réalisateur ait choisi la linéarité. Alors qu'il prend le temps de longuement établir le climat au premier acte, notamment pour étayer la relation complexe et difficile entre Luke et Romina, il accélère au deuxième et passe à la vitesse supérieure au troisième (moins intéressant et pertinent que les deux autres). Évidemment, le réalisateur tourne les coins ronds, ce qui mine la crédibilité du récit.

Il réussit toutefois à établir une tension grandissante jusqu'à la confrontation finale et son épilogue.

Le réalisateur a pris autant de soin, sinon plus, à diriger ses acteurs, chacun très bons jusque dans les personnages secondaires, qui ont tous beaucoup d'étoffe. Le Canadien Ryan Gosling est stupéfiant en bum imperturbable qui révèle, ici et là, une grande sensibilité et une vision romantique de la paternité. Tout en étant pathétique en voleur qui croit avoir une noble cause. Quant à Bradley Cooper, il insuffle une fraîcheur et une assurance à son personnage de beau gosse brillant qui empêche le spectateur de totalement le détester.

Au-delà des pins ressemble à ses principaux protagonistes: il pèche par ambition. Ce n'est pas moins un très bon film, qui fait confiance aux capacités d'attention et à l'intelligence du spectateur.

On aime: la réalisation, la distribution, la musique de Mike Patton.

On n'aime pas: les longueurs.

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *